Mobilisation des recettes fiscales dans l’UEMOA : L’obstacle de l’informel, le levier du mobile-money [Présentation]

Mobilisation des recettes fiscales dans l’UEMOA : L’obstacle de l’informel, le levier du mobile-money [Rapport]

Mobilisation des recettes fiscales dans l’UEMOA : L’obstacle de l’informel, le levier du mobile-money

La mobilisation des recettes fiscales est, pour les pays africains, une urgence face aux besoins en financement nécessaires pour l’exécution des programmes de développement. Dans un contexte marqué par la raréfaction de l’aide publique au développement et le renchérissement de la dette, elle est encore plus pressante pour les Etats de l’UEMOA dont les rentrées fiscales représentent à peine 15% de leur produit intérieur brut (PIB), soit un niveau deux fois inférieur à celui constaté dans les pays de l’OCDE.

Ce rapport revisite l’ampleur du manque à gagner fiscal au sein des pays de l’UEMOA et analyse le rôle qu’y jouent le secteur informel et la fraude fiscale. Retrouvez ici l’intégralité de l’étude.

À nos lecteurs

Voilà maintenant six ans que L’Afrique des Idées se bat pour faire vivre et rendre audible le concept d’afro-responsabilité.

Six ans que L’Afrique des Idées a fait sienne et défend la conviction selon laquelle l’Afrique que nous voulons ne deviendra réalité que si l’on donne l’opportunité à cette jeunesse africaine consciente de la responsabilité qui lui incombe de faire entendre sa voix.   

Six années durant lesquelles vous, lecteurs, analystes et membres issus de tous horizons, animés par cette indéfectible croyance en un avenir pour l’Afrique digne de son potentiel que nous avons en partage, avez contribué sans relâche en la transformation de ce qui n’était au départ qu’un simple blog en think tank indépendant, productif, ancré localement et capable de s’imposer comme véritable force de proposition dans des lieux où cette voix n’est encore que trop peu entendue.

Arrêtons-nous un instant et regardons en arrière.

L’Afrique des Idées est aujourd’hui à l’origine d’une production d’idées reconnues, avec plus de 2000 articles d’analyse, un nombre grandissant de notes d’analyses et d’études de qualité relayées par des instances internationales telles que les Nations Unies et de multiples conférences et interventions dans les médias ( BBC, BFM Business, Financial Afrik, France Info, Courrier international,…).

Riche de plus d’une centaine de membres actifs de plus de 15 nationalités mettant leurs compétences au service de ce projet commun, et ce, de l’Afrique à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe : L’Afrique des Idées c’est aussi et surtout une communauté d’infatigables bâtisseurs composée de jeunes soutenue par des partenaires de confiance.

Mais c’est aussi grâce et pour vous, qui êtes plus de 50 000 à nous rendre visite chaque mois, et qui avez été plus de 2500 à participer à nos conférences au cours des 5 dernières années, que L’Afrique des Idées continue inlassablement de rester tournée vers l’avenir et s’efforce de se renouveler.

C’est donc naturellement que nous souhaitons partager avec vous nos perspectives pour 2017, qui s’est affirmée dès les premiers jours, et nous prenons l’actualité en témoin, comme l’année des défis.

Le défi du sens, que l’on a commencé à créer, à se réapproprier et qu’il va falloir porter, défendre, valoriser avec plus d’intensité en disséminant nos productions et en établissant de nouveaux partenariats tout en restant en alerte et prêt à prendre position sur l’actualité africaine.

Le défi de la pluralité des idées et des problématiques qui se présentent à nous et que l’on se doit d’embrasser, de confronter et de mettre en perspective de manière toujours plus approfondie afin de proposer des solutions pertinentes et réalistes à travers les rapports réalisés par nos groupes de travail composés d’experts et marqués du sceau de l’interdisciplinarité. Seul moyen selon nous d’avoir une approche complète et en phase avec la réalité.

En somme, le défi de la transformation, sans laquelle, selon nous, aucun changement n’est possible. Et quel meilleur moyen de le relever que de voir encore et toujours plus loin, d’échanger encore et toujours plus, de parler et d’écrire avec encore et toujours plus de force et de conviction. Ecrire l’Afrique que nous vivons, écrire l’Afrique que nous ne voulons plus, écrire l’Afrique que nous méritons, écrire l’Afrique dont nous rêvons. Ecrire pour exister et faire entendre notre voix qui est celle d’une Afrique plurielle, ingénieuse et unie. La voix d’une Afrique riche de sa jeunesse. La voix d’une Afrique riche de ses idées.

Vous êtes la preuve que cette Afrique existe. Continuons à l’écrire ensemble.

Olivia GANDZION

Directrice des publications 

 

 

Traditions et religions : facteurs de réussite de l’économie verte en Afrique ?

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Définie par la CEEAC comme « l’ensemble des activités économiques utilisant les savoir-faire traditionnels et modernes, les ressources naturelles (eau, sol, soleil, biodiversité, etc.), tout en conciliant protection de l’environnement et développement économique pour répondre aux attentes des Etats dans divers domaines», l’économie verte se positionne incontestablement aujourd’hui comme la nouvelle économie du développement durable. Sachant que partout en Afrique les valeurs,  attitudes et pratiques  sont « partiellement traditionnelles, partiellement modernes » l’importance de l’inclusion de la notion de tradition dans cette définition est de taille.

Actuellement au cœur d’une crise environnementale sans précédent, le monde entier voit les concepts de développement durable et donc d’économie verte comme porteurs des germes du changement. Cependant, lorsque l’on se penche sur la notion même de développement, il apparaît clairement que la vision la plus répandue de ce concept est aux antipodes de celle des sociétés traditionnelles africaines, pour qui il est plus synonyme de bien être et de vie que de progrès infini et d’accumulation des biens. Si le développement est bien « une question de connaissance de soi et de projection de soi dans le futur », il semble normal que l’économie verte réponde à une logique similaire. Et l’adaptation du continent africain aux problèmes environnementaux étant au cœur des préoccupations, il est primordial de ne négliger aucun aspect surtout à l’heure  où la thèse selon laquelle cette crise environnementale est avant tout une crise morale voire spirituelle, gagne du terrain. D’où l’intérêt de voir en quoi les traditions et la religion, encore très influentes dans une Afrique moderne et mondialisée, constituent des éléments pertinents pour l’élaboration de politiques efficaces en matière d’économie verte.

Traditionnellement, la relation qui lie l’homme africain à son environnement n’est pas fondée sur la domination, bien au contraire. Se concevant alors comme l’un des éléments de la nature, dans la plupart des sociétés traditionnelles, l’homme vit en harmonie avec elle. La protection de la nature et la préservation de l’équilibre du milieu font donc partie des priorités. Ceci s’explique notamment par le fait que la terre et la végétation permettent, dans les sociétés africaines, de conserver des liens durables avec ceux qui les ont travaillées ou façonnées dans le passé. Bon nombre de dispositions ou pratiques traditionnelles illustrent d’ailleurs ce souci d’équilibre et cette relation socio-environnementale qu’entretiennent les hommes avec leurs ancêtres. En Cote d’Ivoire par exemple, chez les Aouans, la terre, personnifiée, porte le nom d’une « déesse » qui leur prescrit des comportements à avoir à l’égard de l’environnement. Au Burkina, 300 bois sacrés ont été recensés. Ces intermédiaires incontournables entre les habitants et leurs ancêtres sont aujourd’hui des zones refuges pour de nombreuses espèces. L’impact positif d’un certain nombre de pratiques traditionnelles sur la qualité de l’environnement est aujourd’hui indiscutable et prouve que les traditions et coutumes africaines peuvent contribuer à sa gestion. 

Au niveau international, ce n’est que récemment qu’une approche de la nature sous une perspective que l’on peut qualifier « d’indigène » a été adoptée. L’Agenda 21 élaboré à l’occasion du Sommet de Rio reconnaît par exemple la valeur et la nécessité d’impliquer, de prendre en compte et de protéger les peuples indigènes.  Il existe aussi au niveau du PNUD, de l’Union africaine et de l’UNESCO, un certain nombre d’instruments permettant aux communautés de mettre leurs savoirs, savoir-faire et savoir-être à profit pour protéger l’environnement. Malheureusement, l’affirmation selon laquelle  « nous pouvons apprendre des populations indigènes et locales »  ne bénéficie pas d’une mise en œuvre à la hauteur de sa véracité. Mais ce n’est pas parce que les législateurs n’en tiennent encore que très peu compte que les acteurs économiques, véritables moteurs  de l’économie verte sur le continent ne doivent pas s’en inspirer. Des initiatives telles que celle d’Helico (producteur de briques en argile pure grâce à la valorisation énergétique des graines de coton) montrent que la rencontre des traditions et de l’ingénierie économique du 21ème siècle regorge de potentialités considérables en matière d’économie verte.

Il en va de même pour les religions. Si le potentiel environnemental de ces dernières est loin d’être évident à première vue, il ne doit pas être sous estimé. 

Tout d’abord, il est important de rappeler que la plupart des Etats d’Afrique noire connaissent une situation de pluralisme religieux. On retrouve cependant l’Islam, le Christianisme et les religions traditionnelles de manière assez constante. Très proche des idéaux traditionnels évoqués plus haut, la religion africaine est « fondée sur l’alliance éternelle entre l’homme et la nature par la médiation des génies, des ancêtres et de Dieu ».  Cependant, l’avènement de l’Islam et du Chritianisme combiné à la modernité technologique a relégué les religions africaines au rang de pratiques animistes.  Provoquant alors leur érosion et, par là même, la disparition de véritables berceaux de protection environnementale. Mais malgré le déclin des religions africaines sur les 100 dernières années, il semble encore possible de reconsidérer les stratégies environnementales dont le cadre normatif et institutionnel qu'est la religion traditionnelle, afin d’apporter des réponses adéquates aux actuels problèmes de la relation de l’individu avec son environnement naturel.

En parallèle, les religions dites monothéistes ont  aussi un rôle bien particulier à jouer.  Prenons le cas d’une religion judéo chrétienne. D’abord accusé d’avoir une idée anthropocentrique fondamentalement théocentrique de la relation avec la terre et de ne voir le progrès environnemental que comme une conséquence naturelle d’une relation saine entre Dieu et tout un chacun, l’Eglise catholique adopte aujourd’hui une toute autre approche. Bien qu’il ait été mandaté par le créateur pour régner sur les ressources minérales, végétales et animales de l’univers, cette domination de l’homme sur son environnement ne le soustrait en rien à ses obligations morales, dont celles envers les générations à venir fait partie. Longtemps silencieuse à ce sujet, le changement d’attitude de l’Eglise catholique face aux problèmes environnementaux illustre parfaitement le changement de paradigme que nous vivons aujourd’hui.

L’environnement devient  donc l’une des rares aires dans lesquelles les représentants des différentes religions sont prêt à collaborer.  En effet, la présence d’éléments forts en matière d’environnement dans la Déclaration sur une éthique mondiale formulée lors du Parlement des religions du monde à Chicago en 1993 vient  appuyer cette thèse.  De plus, comme l’affirme Magda Lovei, manager au pôle environnement et ressources naturelles de la Banque Mondiale, les organisations confessionnelles « offrent un accès sans équivalent aux communautés locales », ce qui fait d’elles des partenaires majeures en matière environnementale.

Il est donc indispensable  qu’un changement de mentalité s’opère parmi les acteurs clés de l’économie verte. Certaines pratiques liées à la religion ou à la tradition ne doivent plus être considérées comme des archaïsmes dénués de sens. Paradoxalement, l’Afrique est à la fois le continent produisant le moins de gaz à effet de serre, et celui qui en paye le plus les conséquences sur son environnement. Traditions et religion pourraient clairement participer à l’élaboration de stratégies économiques vertes adaptées. En plus d’être identifiées par les états et gouvernements, les opportunités pour une amélioration des pratiques en la matière doivent aussi l’être par l’ensemble des acteurs de la société civile, entreprises en tête. En effet,  sur le long terme, le progrès environnemental requiert une protection impulsée par les citoyens individuels privés, les fermiers mais aussi les entreprises. Reconnue comme condition sine qua none de la réalisation du développement durable, une bonne approche économique se doit de prendre en compte les dimensions culturelles et d’encourager la coopération et la solidarité plutôt que la compétition. Les religions et traditions sont encore bien souvent vues comme des obstacles à la mise en œuvre des politiques économiques alors qu’une meilleure prise en compte permettrait tout simplement de participer à l’augmentation de l’attractivité de l’Afrique grâce à l’économie verte, tout en incluant les spécificités locales dans la logique de changement.

Olivia Gandzion

Références :

ASOANYA Anthony, The ecological crisis in Africa as a challenge to lasting cultural and sustainable development : a theological approach, Publications universitaires européennes, P. Lang, Allemagne, 2011.

ANDRADE Célio et TARAVELLA Romain, « Les oubliés de la réforme de la Gouvernance internationale de l'environnement », Critique internationale, 2009/4 n° 45, p. 119-139.

Banque Mondiale, S’associer aux organisations confessionnelles pour restaurer les terres en Afrique, consultable en ligne : http://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2015/01/12/engaging-with-faith-groups-to-restore-land-in-africa

BARTHOLOMÉE 1ER, Religion et environnement : quels défis spirituels pour aujourd’hui ?, 31/01/2014, Consultable en ligne : http://www.lavie.fr/actualite/documents/religion-et-environnement-quels-defis-spirituels-pour-aujourd-hui-31-01-2014-49334_496.php

DAKOURI M. Gadou, La préservation de la biodiversité: les réponses de la tradition religieuse africaine, journal of the pan african anthropological association Number 2 Volume VIII October 2001, pp. 178-199

DORIER-APPRILL  Elisabeth, BARBIER Jean-Claude. Les forces religieuses en Afrique noire : un état des lieux, Annales de Géographie, 1996, vol. 105, n° 588, pp. 200-210. Consultable en ligne : /web/revues/home/prescript/article/geo_0003-4010_1996_num_105

IZENZAMA Mafouta Noel, Le paradigme écologique du développement durable en Afrique subsaharienne à l’ère de la mondialisation : une lecture éthico-anthropologique de l’écodéveloppement,  Publications universitaires européennes, P. Lang, Suisse, 2008.

Jeune Afrique, Afrique centrale : création d'un fonds pour une économie verte. Consultable en ligne : http://economie.jeuneafrique.com/regions/afrique-subsaharienne/23427-afrique-centrale-creation-dun-fonds-pour-une-economie-verte.html

LUNEAU René. Du monde religieux de l'homme africain aujourd'hui / The Religious World of Contemporary African Man. In: Archives de sciences sociales des religions. N. 41, 1976. pp. 37-45, Consultable en ligne : /web/revues/home/prescript/article/assr_0335-5985_1976_num_41_1_2085

MédiaTerre, Bois sacrés : quand la tradition sauve l'environnement. Consultable en ligne : http://www.mediaterre.org/actu,20140415111001,5.html

SANOU Wurotèda Ibrahima, Dr Doti Bruno Sanou décrypte l’apport des coutumes africaines dans la gestion de l’environnement, Ouaga.com, consultable en ligne : http://www.aib.bf/m-2669-dr-doti-bruno-sanou-decrypte-l-apport-des-coutumes-africaines-dans-la-gestion-de-l-environnement.html

SITACK YOMBATINA Béni, Droit de l'environnement à l'épreuve des représentations culturelles africaines : une gestion à réinventer ?, Académie Européenne de Théorie du Droit, Bruxelles, 2000.

TABUNA Honoré, L’économie verte : réduction des émissions ou vision et modèle de Développement adaptes a l’Afrique centrale ?

ZAMMIT Nasser, L’Afrique et la question environnementale, Connaissances et Savoirs, Paris, 2012.

Quel rôle l’Union Africaine peut-elle jouer dans la gestion des crises humanitaires en Afrique ?

union_africaine« Là où sévissent de graves manquements au respect des droits humains, l’Union africaine (UA) doit être la première à condamner et à réagir rapidement conformément à la lettre et à l’esprit de l’Acte constitutif de l’Union et tous les autres instruments pertinents » dont elle est signataire.[1] Cette déclaration de Jean Ping, alors Président de l’Union Africaine, est révélatrice de la nécessité pour l’organisation de s’affirmer en matière d’intervention humanitaire. Forte de l’encrage de la notion de Responsabilité de protéger dans ses différents actes et protocoles, contrairement à l’ONU, l’Union africaine semble techniquement prête à répondre des violations graves des droits de l’Homme perpétrées par ses Etats membres. Mais pour que cela se concrétise, l’UA devra veiller à ne pas confondre indépendance et autonomie, à l’heure où la coopération se révèle être un élément incontournable. Lisez l’intégralité de cette Note d’Analyse.


[1]    La Lettre du Président – Numéro 1, Novembre 2011 La Lettre du Président. Disponible sur : http://www.au.int/fr/dp/cpauc/content/lettre-du-président-numéro-1-novembre-2011-l’union-africaine-et-la-crise-libyenne-remettre-l

Peut-on parler d’une instrumentalisation du droit à l’éducation en Afrique ?

educ1Indéniablement reconnu par la communauté internationale comme un droit de l’homme, le droit à l’éducation soulève, malgré tout, une multitude de questionnements. Loin d’être un droit absolu, l’éducation est un outil fortement dépendant des intentions de l’acteur qui le détient.  L’étude de la complexité et de la malléabilité de l’éducation permet de prendre conscience de l’ambivalence des rôles qu’elle peut jouer. L’instrumentalisation de l’éducation est aussi bien porteuse d’obstacles sérieux à la réalisation de l’Objectif mondial du développement qu’est « l’Education pour tous » (EPT), que d’éléments clés à la dissémination d’une culture de la paix. Si l’éducation peut servir la cause de la domination et de l’oppression, il ne faut pas oublier qu’elle peut, de la même manière servir celle de la libération et de la liberté.[1] Lisez l’intégralité de cette Note d’Analyse.


[1] TAWIL Sobhi, Rapport final et étude de cas de l’atelier sur la destruction et la reconstruction de l’éducation dans les sociétés perturbées. 15-16 mai 1997, Genève, Suisse. Organisé conjointement par le bureau international de l’éducation et l’Université de Genève

 

 

Islamic Finance: an opportunity for development?

148555584Facing development challenges and constraints related to the scarcity of financial resources through donations, African countries are trying to find cheaper alternatives to traditional funding mechanisms. To this end, they are more and more open to Asian financial resources: mainly Chinese and Arabic. If works on the Chinese strategy in Africa are in progress, the windfall represented by Arabic financial resources is not well known, whereas they seem to generate great interest among policymakers in the continent.  It is in this context that, on the 29 of March 2014, the Bureau of “Afrique des idées” Dakar organized a conference moderated by two specialists:  Dr Abdou Karim Diaw[1] and M. Rodolph Missihoun[2]. This article synthetizes the key lessons of this conference on Islamic finance and the role it could play in the development process of Africa.

Poorly known, Islamic finance has long remained the preserve of Muslim countries but there is a growing interest for this tool worldwide. Along with its own bank involved in development (Islamic Development Bank), Islamic Finance has others instruments such as sukuks (similar to conventional bonds) which interest many countries. London, world class financial centre, wants to position itself as a pioneer in the integration of this new way of doing finance in the West by issuing sukuks up to 233 MEUR. The regulation in this regard has been arranged and many specialized degree courses in Islamic finance are available in London. In Africa, Senegal is about to test the Islamic financial market by issuing up to CFAF 100 billion in sukuks. It has already received the approval of the Central Bank of West African States for refinancing. With hundreds of millions USD (nearly USD 1000 billion in late 2012 against USD 300 billion in 1990), the Islamic financial market is growing fast (its assets could reach USD 4000 billion in 2020) and therefore arouses everyone’s interest, particularly in Africa, whose financial needs are huge.

How does it work?

First, it’s important to remember that Islamic and conventional finance have the same characteristics. Hence, it does not defines itself as philanthropic. Islamic finance is based on the principles of Sharia, which considers illegal the perception of financial resources on financial investments through the mechanism of interest rates. Sharia principles assume that each gain should be motivated by the pursuit of an activity, which is not always the case in conventional finance. Thus, loans under Islamic finance rather take the form of an equity.

Leading stakeholders of Islamic finance play a role of multitasking entrepreneur comparable to an investment fund. Two cases are possible: financing a profitable activity (loans for business or a project completion) or a social project (loan to individuals or public entities). In the first case, if the stakeholders consider the project to be viable, they will participate as investors and not as bankers. In this context, the funds invested in the project will be remunerated depending on the benefits generated and the quota in the capital. The advantage in such a system is that the “Islamic” lender will be the one suffering the risks of the project. In the second case, the lender protects himself from the risks linked to investment.

The goal is to answer to an actual financial need while supporting risks and accompanying the borrower in its projects. To do so, the Islamic financial system relies on a banking group whose attributes are similar to those of the World Bank: the Islamic Bank of Development; and a set of Islamic commercial banks.

In the Islamic financial market, funds can be raised from commercial banks or the Islamic Bank of Development (whose activities are related to socio-economical development), or through the issuance of sukuks.  The sukuks are investment certificates working according to the same criteria above mentioned. For the holder, they consist in participating in the purchasing of a good to be resold to the client at a higher price, which then reimburses the investment according to the schedule on which both parties agreed. This way, he will receive the margin, depending on his level of participation, as a remuneration of the sukuk. 

Islamic Finance in Africa

The exercise of public finance is mainly due to the presence of the IDB. Twenty two out of the fifty six members of this bank are African, including 17 in sub-Saharan Africa (12 from West Africa).  In the third quarter of 2013, the commitments of the IDB in the world would have reach a hundred billion dollars. In Africa, these interventions are more concentrated in the Maghreb. To reinforce its presence in Sub-Saharan Africa, in 2008, the IDB established a program specifically dedicated to Africa: the Special Program for the Development of Africa, with a portfolio of USD 12 billion (including 4 billion from IDB and 8 from its partners) for the 2008-2012 period on areas such as agriculture, food security, water and sanitation, energy, transport, infrastructures, education, capacity building, health and communicable disease control. The results of this program reveal that a total of USD 13 billion have been committed through it, of which 5 billion from the Bank funds while 59%  of the total amount went to Sub-Saharan Africa.

The IDB itself is a solid institution, capable of mobilizing other donors who may finance development activities in Africa. The major rating agencies of the world attribute it a risk level of zero. Through the SPDA, the IDB could enable African countries to have an additional USD 8 billion, raised from its partners.

On the one hand, the IDB does not condition its intervention to socio-political criteria, very common in the African context and which can be a source of risk. On the other hand, its strength lies in the choices of the projects in which it operates but also in its principles of operation strongly rooted in Sharia’s principles.

The IDB has tools similar to the International Financial Corporation (IFC) of the World Bank: the Islamic Society of private sector development (ISPSD) and its Multilateral Investment Guaranty Agency (the Islamic Investment Insurance and Credits Export Company) destined to the private sector and very little known on the continent.

Some Islamic commercial banks are on the continent but are mostly concentrated in the Maghreb countries. Their emergence in the Sub-Saharan area is constrained by a lack of knowledge about the Islamic financial market, a regulation that does not encourage their establishment, but also by the particular debt conditions of African countries to which the IMF demands to have recourse only to financial resources comprising at least 35% of donations.

It’s obvious that Africa could benefit from the expansion of Islamic finance. The major stakeholder of this market alternative to conventional finance have already a strategy that should guarantee them a lasting presence on the continent, currently presented as one of the engine of the global growth. Some regional offices of the IDB have already been installed: in the Maghreb, West Africa and East Africa.

The IDB already works on a relaxation of the regulatory framework in order to encourage the implantation of Islamic commercial banks.  It increasingly directs states to sukuks. Africa, for its part, should try to appropriate this tool which has many advantages, in getting involved a bit more in its process of installation on the continent through regulation and by paying particular attention to the approaches used in the margin determination, but also by developing its capabilities in terms of negotiation, which so far, are a bottleneck in the process of development in Africa.

Translated by Olivia Gandzion


[1] Ph.D. in Islamic finance

 

[2] Chief Economist at the regional bureau of Islamic Bank of Development (IDB) in Senegal